@book {428,
	title = {Comme un roman},
	year = {1992},
	pages = {173},
	publisher = {Gallimard},
	organization = {Gallimard},
	address = {Paris},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>Partant d\&rsquo;une r{\'e}flexion sur la lecture et le plaisir de lire, Comme un roman tente de retracer ce qui serait {\`a} l\&rsquo;origine d\&rsquo;un \&laquo;malentendu\&raquo; (p. 35) entre le lecteur et le livre. Pennac s\&rsquo;efforce {\'e}galement de d{\'e}sacraliser les rapports qu\&rsquo;entretient le lecteur envers le livre et la Grande Litt{\'e}rature, tant du point de vue culturel que p{\'e}dagogique. S\&rsquo;attaquant d\&rsquo;entr{\'e}e de jeu au dogme du \&laquo;il faut lire\&raquo; (p. 61) {\`a} tout prix, {\`a} \&laquo;l\&rsquo;absolue n{\'e}cessit{\'e} de lire, qui fait l\&rsquo;unanimit{\'e}\&raquo; (p.69), il cherche {\`a} r{\'e}concilier le lecteur avec l\&rsquo;acte m{\^e}me de lire en rendant compte d\&rsquo;une vision de la litt{\'e}rature d{\'e}gag{\'e}e de la notion de devoir. L\&rsquo;auteur aborde ainsi le r{\^o}le du livre dans l\&rsquo;existence du \&laquo;lecteur id{\'e}al\&raquo; (p. 50) qu\&rsquo;est l\&rsquo;enfant, alors que la gratuit{\'e} de la lecture consiste d\&rsquo;abord {\`a} {\'e}tancher sa \&laquo;soif de r{\'e}cit\&raquo; (p. 117). Il passe ensuite {\`a} l\&rsquo;adolescent pour qui l\&rsquo;obligation de rendre des comptes sur ses lectures coupe \&laquo;l\&rsquo;acc{\`e}s imm{\'e}diat aux livres par la proscription du plaisir de lire\&raquo; (p. 79).</div><div>\&nbsp;</div><div>En cela, l\&rsquo;essai de Pennac traduit ce plaisir par un ton non d{\'e}pourvu d\&rsquo;un certain humour et par une forme qui renvoie au roman lui-m{\^e}me, {\`a} travers des mises en situation imaginaires mettant en relief les rapports qu\&rsquo;entretiennent enfants, p{\'e}dagogues et parents {\`a} l\&rsquo;{\'e}gard du livre et de la lecture. Aussi, tout en dialoguant avec des personnages fictifs, Pennac en appelle {\`a} notre responsabilit{\'e} de parent ou d\&rsquo;{\'e}ducateur dans la mesure o{\`u}, si nous voulons que la jeunesse lise, \&laquo;il est urgent de [lui] octroyer les droits que nous nous accordons\&raquo; (p. 146). Droits imprescriptibles qui tiennent en la d{\'e}couverte d\&rsquo;une intimit{\'e} particuli{\`e}re avec le livre, laquelle rel{\`e}ve non pas tant de l\&rsquo;organisation de son temps, mais \&laquo;comme l\&rsquo;amour, d\&rsquo;une mani{\`e}re d\&rsquo;{\^e}tre\&raquo; (p. 124). Au nombre de dix, les droits du lecteur sont ceux de ne pas lire, de sauter des pages, de ne pas finir un livre, de relire, de lire n\&rsquo;importe quoi, de c{\'e}der au bovarysme, de lire n\&rsquo;importe o{\`u}, de grappiller, de lire {\`a} haute voix, de se taire.</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>{\'E}crire un essai comme s\&rsquo;il s\&rsquo;agissait d\&rsquo;un roman, tel semble {\^e}tre le d{\'e}fi que s\&rsquo;est donn{\'e} Daniel Pennac alors qu\&rsquo;il propose, dans Comme un roman, une r{\'e}flexion sur le plaisir de lire qui {\'e}prouve, justement, notre plaisir de lecteur. Fa{\c c}on, peut-{\^e}tre, de nous replonger \&laquo;dans la solitude peupl{\'e}e du lecteur\&raquo; (p. 19), de rendre compte de la mani{\`e}re dont nous appr{\'e}hendons le livre et la lecture tout en comblant le besoin de significations et de r{\'e}cits que chacun porte en soi. Mais ce que Pennac nous demande avant tout, c\&rsquo;est de s\&rsquo;interroger sur \&laquo;l\&rsquo;ampleur d\&rsquo;une trahison\&raquo; (p. 50), sur la \&laquo;blessure d\&rsquo;amour\&raquo; (p. 50) qui existe entre l\&rsquo;individu et le livre. Blessure qui met en relief ce qui nous tient {\`a} distance de la litt{\'e}rature ; le caract{\`e}re \&laquo;sacr{\'e}\&raquo; (p. 13) du livre, par exemple, en tant qu\&rsquo;objet et le dogme du \&laquo;il faut lire\&raquo; (p. 61) o{\`u} le plaisir de la lecture se trouve annul{\'e} par \&laquo;la peur (tr{\`e}s ancienne) de ne pas comprendre\&raquo; (p. 117) et par la contrainte du devoir {\`a} remettre.</div><div>\&nbsp;</div><div>Plus encore, si la blessure dont il est question rel{\`e}ve d\&rsquo;une rupture, d\&rsquo;un malentendu entre le lecteur et le livre, il ne faut, pour expliquer l\&rsquo;hostilit{\'e} des adolescents envers la litt{\'e}rature, \&laquo;incriminer ni la t{\'e}l{\'e}vision, ni la modernit{\'e}, ni l\&rsquo;{\'e}cole\&raquo; (p. 50). Au contraire, ce serait, pour Pennac, vouloir trouver de fausses r{\'e}ponses, vouloir, en quelque sorte, \&laquo;r{\'e}soudre le probl{\`e}me en supprimant son {\'e}nonc{\'e}\&raquo; (p. 66). Aussi nous propose-t-il de chercher l\&rsquo;origine de cette blessure au c{\oe}ur m{\^e}me de nos habitudes de lecteur : dans nos rapports avec le livre lui-m{\^e}me, avec le temps que l\&rsquo;on s\&rsquo;accorde pour lire, avec la peur, le silence et la solitude. Autant de rapports qui rejoignent l\&rsquo;intimit{\'e} que chaque lecteur entretient avec le livre comme avec lui-m{\^e}me. Pennac tente en outre de comprendre comment la lecture en est venue {\`a} {\^e}tre \&laquo;raval{\'e}e au rang de corv{\'e}e\&raquo; (p. 52), {\`a} partir de quoi et de quand le plaisir de lire fut supprim{\'e} chez l\&rsquo;enfant, puisque \&laquo;nous n\&rsquo;avons pas pens{\'e} tout de suite {\`a} lui imposer la lecture comme devoir. Nous n\&rsquo;avons d\&rsquo;abord pens{\'e} qu\&rsquo;{\`a} son plaisir\&raquo; (p. 17).\&nbsp;</div><div>\&nbsp;</div><div>De fait, s\&rsquo;il appara{\^\i}t pour Pennac que le plaisir de lire s\&rsquo;est {\'e}gar{\'e} quelque part entre la maison et l\&rsquo;{\'e}cole, c\&rsquo;est que nous-m{\^e}me avons cess{\'e} de nourrir l\&rsquo;enthousiasme de l\&rsquo;enfant pour la lecture, de l\&rsquo;encourager dans ses efforts, afin de nous prouver notre propre comp{\'e}tence de p{\'e}dagogue : \&laquo;Nous {\'e}tions son conteur, nous sommes devenu son comptable.\&raquo; (p. 52) Pourtant, non seulement l\&rsquo;enfance est-elle le lieu des plus grandes d{\'e}couvertes et des plus grandes joies en mati{\`e}re de litt{\'e}rature, mais \&laquo;nous formions, lui, le r{\'e}cit et nous, une Trinit{\'e} chaque soir r{\'e}concili{\'e}e\&raquo; (p. 50) dans laquelle les livres participaient de cette \&laquo;intimit{\'e} paradoxale\&raquo; (p. 120) entre nous et le monde, ils {\'e}taient les \&laquo;compagnons d\&rsquo;{\^e}tre\&raquo; (p. 162) que nous recherchions. C\&rsquo;est dire que la blessure d\&rsquo;amour dont souffre l\&rsquo;adolescent d{\'e}coule d\&rsquo;une s{\'e}rie d\&rsquo;obligations dont celles de rendre public, par le \&laquo;devoir de commentaire\&raquo; (p. 72), ce qui {\'e}tait inscrit dans l\&rsquo;intime, de lire ce qui est impos{\'e} plut{\^o}t que de profiter de la libert{\'e} de choisir, de percevoir la litt{\'e}rature en tant qu\&rsquo;instrument p{\'e}dagogique au lieu d\&rsquo;en appr{\'e}cier la gratuit{\'e}.</div><div>\&nbsp;</div><div>Somme toute, c\&rsquo;est {\`a} travers une vision de la lecture qui se pr{\'e}sente comme \&laquo;un acte de cr{\'e}ation permanente\&raquo; (p. 26), du fait m{\^e}me qu\&rsquo;elle sollicite sans cesse l\&rsquo;imagination et les sens, que Pennac rend compte de questions telles que le style, la voix, la r{\'e}p{\'e}tition, la dur{\'e}e, la solitude, le silence et le don. Questions qui renvoient autant au plaisir de lire qu\&rsquo;aux th{\'e}ories entourant le travail cr{\'e}ateur, qui recr{\'e}ent, en quelque sorte, \&laquo;l\&rsquo;illusion de l\&rsquo;amour\&raquo; (p. 87).</div></div><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	author = {Daniel Pennac}
}
